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"Embaucher des plombiers est devenu très
compliqué, car on en forme très peu. Beaucoup trop de jeunes
sont orientés par défaut vers l'apprentissage et nous n'arrivons
pas à les garder. Alors que nous sommes à Toulouse, j'ai
passé des annonces dans La voix du Nord ! La solution qui n'arrange
personne, c'est de les piquer aux confrères. J'ai dit stop et cherché
des alternatives", explique Patricia Belmonte, gérante d'une
entreprise de plomberie. Son ras-le-bol tombe à pic, au moment
où la Fédération française du bâtiment
(FFB) fait campagne pour le recrutement des femmes.
La dirigeante se dit qu'il faut bousculer les habitudes et c'est ainsi
que, grâce à un stage "sas de découverte"
organisé et financé par la FFB, une première femme,
débarque chez Belmonte en janvier 2003 pour cinq semaines, afin
de découvrir le métier.
"Même si elle n'avait aucune formation, j'ai tout de suite
senti qu'elle en voulait ! J'ai pris le risque de la garder en CDI en
lui faisant suivre pendant quatre mois une formation en alternance chez
les compagnons du devoir, pour lui donner les bases", raconte Patricia
Belmonte. Toutefois, l'essentiel de sa formation se déroule sur
le terrain, où elle est encadrée par un plombier expérimenté.
Sa motivation fait le reste. "Elle est devenue très vite opérationnelle.
Dès le mois de juin, elle faisait des entretiens de chaudière
toute seule", se félicite la dirigeante. Entre-temps, au mois
de mars, celle-ci avait pris en stage une autre jeune femme qui, malgré
un diplôme de cartographe, galérait dans des petits boulots.
Elle ne peut se résigner à la voir partir et l'embauche.
"Aujourd'hui, je ne peux que m'en féliciter. Il faut balayer
les a priori sur les difficultés d'adaptation des femmes, car on
trouve toujours des solutions. La caisse à outils était
un peu lourde ? On a préparé deux caisses en fonction du
type d'intervention, et le tour était joué", s'amuse
Patricia Belmonte.
Elle met en avant le sens de l'organisation des femmes pour la gestion
des tournées, leur ponctualité, et surtout le fait qu'elles
passent très bien chez les clients, ravis de voir arriver une "plombière".
Ils leur font plus facilement confiance pour leur laisser les clés,
par exemple. Le seul motif de déception de Patricia Belmonte vient
de ses pairs. "J'ai encore du mal à convaincre certains de
mes collègues mâles d'intégrer des femmes. Mais, l'an
dernier, j'ai eu deux filles en stage, que j'ai casées chez deux
d'entre eux, qui aujourd'hui sont ravis !"
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